Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

Publié le par Grazyel

au-sud-de-la-frontiere-a-l-ouest-du-soleil couvDéjà, merci à ma p’tite Lara qui m’a acheté ce super livre ! C’était un super cadeau de Noël en février (ahem… je sais, j’ai pas fait mieux), et comme dirait Lucie « qu’est-ce que les littéraires s’offrent en cadeaux ? Des livres. » C’est original.

Résumé : Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n'a pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San?

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Pour en venir à un avis un peu plus radical, je dirais avant tout que j’ai beaucoup apprécié cette lecture même si j’ai eu du mal à rentrer dedans (ou du moins, qu’à la moitié, j’ai un peu lâché prise sans trop de raisons).
Je ne trouve pas que les personnages soient attachants ou qu’on puisse s’identifier facilement à eux, au contraire, ils sont plutôt indépendants, on lit vraiment leur histoire et pas celle qu’on aurait pu vivre chacun de notre côté.
Hajime est assez spécial, je dirais même qu’il est plutôt froid, bien qu’il dégage une passion assez dévorante quand il aime (et encore). Je ne sais pas si c’est le fait que ce roman soit le fruit d’une culture différente de la nôtre que je dise cela, mais j’étais assez déstabilisée d’un point de vu « intime », dans le sens où après tout, les japonais ont des mœurs différentes de celles qu‘on a en Europe, ils sont largement moins tactiles que nous et certaines valeurs ne jouent pas forcément en faveur de l’amour. Bref, je ne me sentais pas proche des personnages, c’était comme regarder l’histoire se dérouler devant mes yeux plutôt que je m’y mêle (bien sûr, c’est une question de façon de lire).
Pour ce qui est des autres personnages, j’ai bien aimé Shimamoto-san, même si on est vraiment frustré de ne pas tout savoir à la fin du roman, comme si son but, plutôt que d’obtenir réponse à tout, c’était de dévoiler réellement comment ça peut se passer dans la vie. En somme, j’ai trouvé ce roman plutôt terre à terre bien qu’encré dans un plaisir des sens assez formidable : le touché, dont semble avoir besoin Hajime lorsqu’il retrouve Shimamoto-san, on retrouve souvent cette idée dans le roman (lorsqu’elle lui prend les mains ou que leurs épaules se touchents) ou même dans les scènes d’amour plutôt explicites ; l’ouïe, à l’égard de la musique (Nat King Cole, Pretend, sublime, je l’ai écouté sur deezer, mais aussi d’autres musiques classiques) ; la vue, elle est omniprésente dans le roman, tout commence par le regard ; pour le goût et l’odorat, je ne me souviens plus s’il y a une description de certaines saveurs, mais il me semble, notamment avec la neige et les baisers un peu volés, à l’improviste.
Le gros point négatif à mes yeux se trouve dans les scènes explicites, je les ai trouvé particulièrement vulgaires alors que l’écriture est délicate et posée durant tout le roman, donc ça m‘a choqué. Après, c’est peut-être mon esprit pur, chaste, innocent qui parle (on y croit, on y croit…).
Je n’ai pas non plus aimé ce manque de réponse qu’on a tout le long du roman, certains éléments peuvent paraître insignifiants et trouver leur sens tandis que d’autres absolument intéressants disparaissent et s’évaporent au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. [risque de spoiler] Parfois, c’est à croire que Shimamoto-san n’était qu’un songe et qu’elle n’a jamais existé que dans les souvenirs d’Hajime… [fin du risque de spoiler].

Pour conclure, je dirais que ce roman est vraiment bien, à lire quand on recherche quelque chose de calme et de réfléchi. L’écriture est magnifique, très métaphorique aussi, bref, on y décrit les passions en passant par des tas d’images et l’explication du titre du roman se trouve dans les chapitres (sublime, d’ailleurs).

Petit mot à Lara : ca ne m’étonne pas que ce soit une lecture qui t’ait plu, ton écriture y ressemble beaucoup, même si tu déchaînes plus les passions qu’Haruki Murakami, mais c’est un roman à ton image, poétique =)

Publié dans Littérature japonaise

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