Christiane Singer, Seul ce qui brûle

Publié le par Grazyel

[Cette critique provient de mon premier blog que j'avais réalisé en ce sens]

J'ai lu ce livre il y a quelques mois, lorsque j'ai réalisé cette critique, je venais tout juste d'achever ma lecture.
Je pense avoir acquis l'important de Seul ce qui brûle de Christiane Singer, et j'en tire une conclusion un peu décousue malgré tout. Peut-être à cause de facteurs externes à ma lecture, mais aussi parce qu'on passe par des émotions et des pensées assez fortes à l'intérieur de ce livre.

Résumé : Inspiré d'une nouvelle de Marguerite de Navarre, ce roman - qui se passe au XVIème siècle - racontre l'histoire cruelle et sublime d'un châtelain, Sigismund d'Ehrenburg, et de son amour fou pour sa jeune épouse, Albe. Dévoré par la jalousie, il la condamne à un châtiment terrible... (Le livre de Poche).


Je dirais bien, pour commencer, que ce livre a des "émotions inversées". Alors qu'on sait que c'est l'amant qui inflige, on découvre qu'en fait, c'est lui qui subi la douleur et que l'amante, elle, est plus forte que lui. Pourtant, tout est présenté comme si l'homme était le dominant et la femme, la dominée. Seulement, l'amour est si fort et si puissant qu'on ne distingue plus tellement cela au fur et à mesure. Une sorte d'égalité entre les deux naît.
La première lettre qu'envoie Sigismund à son ami français est vraiment passionnante, on sent que le personnage passe de l'amour à la haine, à la torture de lui-même, puis à la peine et enfin, à la vie. Du moins, je l'interprète comme ça. Au départ, il pense devoir apprendre à pardonner à Albe ce qu'il s'est passé alors qu'en fait, c'est à lui qui doit offrir du temps pour se pardonner. Ce qu'il inflige à l'être qu'il aime - un châtiment vraiment macabre - est destructeur, non pas pour Albe, mais pour lui-même.
En fait, son comportement est pire que de la jalousie, puisqu'il est carrément jaloux de l'être qu'il est et qui s'approche de sa femme, c'est une forme de possession ambiguë. En fait, il considère plus Albe comme un trésor que comme son amante.
Et après avoir cessé de se torturer, il parvient, non pas à vivre à travers ce trésor, mais à vivre de lui-même et aimer d'amour. Elle ne lui appartient plus, ils s'appartiennent mutuellement. Ce qui rend la fin de la première lettre vraiment belle. A mesure qu'il lui rend sa liberté, il apprend à vivre pour vivre.
Après, arrive le carnet d'Albe où on n'en apprend plus sur elle, sur son passé, sa rencontre avec Sigismund et sa façon d'aimer, mais aussi, que malgré ce qu'elle vit, ce qu'il lui fait, contrairement à lui, elle a de l'espoir. Son espoir et son amour sont plus forts que l'horreur. Elle est incapable de lui en vouloir, de le haïr, elle l'aime malgré et pour tout.
Suive encore une lettre de Sigismund et une d'Albe à destination du seigneur de Bernage. La première prouve que les deux personnages ont su évoluer et apprendre l'un de l'autre. Sigismund aime enfin sa femme comme il se doit, en toute confiance et avec beauté, et Albe lui offre quelque chose d'important.
Le côté philosophique du roman arrive à son point culminant dans cette dernière lettre de Sigismund. On pourrait presque parler de conclusion sur toutes les pensées émises à l'intérieur de la lettre et du carnet précédent. Il explique ce que représente la femme pour lui, la vie, la beauté, l'espoir. Tout ce qui est dominant dans le coeur d'un homme, en fait. Seul gros reproche que je laisse, c'est qu'il y a un certain aspect machiste à l'intérieur des pensées du héros, mais en même temps, lorsque l'on regarde la situation historique des personnages du roman, ça n'est pas étonant, nous sommes au XVIème siècle.

Je n'ai pas réellement décrit tout ce qui se passe dans le roman, c'est pourquoi mon explication est assez bizarre. Elle m'est aussi personnelle, je ne sais pas si ce roman est étudié en long, en large et en travers, mais en tout cas, ce que j'en dis est mon avis à moi, peut-être pas le bon, peut-être pas le meilleur, mais c'est ce que j'ai ressenti en lisant le livre. Je ne pense pas l'avoir mal interprété, mais sait-on jamais. De toute façon, il a autant de manière de voir un livre que de lignes qui le parcours, et c'est bien le but d'un bouquin, apporter quelque chose de différent à chaque être.
Après, il y a des explications plus techniques et organisées que les miennes, peut-être que je saurai en faire dans quelques mois !
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