Boris Vian, L'Ecume des jours

Publié le par Grazyel

vian---ecume-des-jours.gifJ'aime beaucoup Boris Vian, du moins, ce que j'en connais, le premier roman que j'ai lu de lui, c'est J'irai cracher sur vos tombes, ce fut, au moment où je l'ai lu, un immense coup de coeur dont je reparlerai prochainement. J'ai été marqué par ce livre. Et donc, environ un an plus tard, j'ai décidé de renouveler l'expérience en lisant L'Ecume des jours, et là, phénomène inverse. Je ne dirais pas que j'ai détesté, mais ce livre ne m'a pas touché plus qu'un autre.

Résumé : L'Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans.
C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette oeuvre d'une modernité insolente, l'une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu'au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l'amour absolu et la musique des noirs américains...

(résumé kidnappé à cette adresse : livraddict)

En réalité, ce n'est pas tant le roman en lui-même qui m'a déplu, mais sans doute le fait que mon imagination ne s'était pas ouverte à celle de la situation présentée. J'ai adoré les personnages, en particulier Colin, ce jeune homme qui veut aimer pour aimer, il était vraiment tendre, et puis ses péripéties sont touchantes, voir même complètement pathétiques, mais j'ai eu un gros blocage à la lecture. Pour moi, ça allait trop loin, pourtant, j'aime ce qui est étrange, ce qui relève peut-être de l'incongru (surtout la fin, le comportement des gens vis à vis de la mort, c'est vraiment déplacé), voir même de la caricature totale (pour Sartre, bien sûr, mais aussi pour la société en général, les problèmes liés à l'argent, au regard des autres).
Je ne sais pas si on peut qualifier véritablement cette oeuvre (parce que s'en est une malgré mon avis !) d'anarchiste, car l'étant moi-même, je n'ai ressenti que légèrement ce mouvement, et pourtant, cette vision limite extra-terrestre de l'environnement social des personnages, on y ressent bien la critique sur les autres, une certaine dénonciation du pouvoir. Quelques personnes que je connais liront ce livre simplement comme un bouquin assez dérangé, avec une histoire d'amour à en crever le coeur, une histoire d'amitié déchirante et un final frustrant, mais, moi, j'y ai plutôt vu une grande misère et des conditions de vies que ne font que se dégrader avec le temps. On y retrouve aussi le fanatisme, et pas dans un genre tendre, Chick est obsédé par "Jean-Sol Partre", un peu comme un croyant va être obsédé par son Dieu, ou un individu par son tyran, c'est pourquoi, en associant tout ce que je viens de dire, je me demande sérieusement si Vian n'aurait pas voulu nous faire sentir un certain morceau de la pensée anarchiste : qu'il ne veut, Ni Dieu, Ni maître. Mais après tout, cela peut se voir d'une autre manière : peut-être que le comportement social n'est que le reflet de l'hypocrisie humaine et le fanatisme de Chick un moyen de dénoncer le gaspillage de l'argent.
Et pourtant, moi qui suis bien de ceux qui vont en ce sens - le sens anarchiste -, qui ne désirent ni Dieu, ni maître, et bien, je n'ai pas accroché à L'Ecume des jours (même si j'aimerais vraiment avoir un pianococktail chez moi ! Et d'ailleurs, quelle tristesse quand Colin doit le vendre...). L'écriture, en elle-même, ne m'a pas accroché, je ne ressentais pas grand chose, et puis parfois, je trouvais que tout s'embrouillait un peu trop, mon esprit n'arrivait pas à suivre. Même si cette histoire est vraiment ingénieuse, et bien, elle l'est sans doute trop pour moi, et je m'y pencherai sans doute de nouveau un jour prochain. Pour le moment, je préfère largement admirer J'irai cracher sur vos tombes.
Si j'ai lu L'Ecume des jours trop tard, ou trop tôt ? Et bien, je le saurai dans quelques années.

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Melisende 17/12/2009 15:58


La seule oeuvre de Boris Vian que j'ai lue à ce jour, et deux fois même ! La première lorsque j'étais en seconde, ma prof de français nous l'avait fait étudier, et j'avais vraiment adorer ! La
seconde, quelques années plus tard. Le plaisir était toujours là, mais de façon moindre. Car j'avais grandi ? Car je n'avais plus les clefs de lecture de ma prof de français pour aller au bout des
choses ? Peut-être recommencerai-je ma lecture dans 10 ans, juste pour voir ce que j'en pense, cette fois-ci ! ^^

Meli


100choses 11/12/2009 21:35


Boris Vian est un auteur que je souhaite découvrir. Laquelle de ses oeuvres me conseilles-tu pour débuter?


Matilda 11/12/2009 20:40


Mais de rien, moi j'aime ton blog ^^