Alfred de Musset, La Confession d'un enfant du siècle

Publié le par Grazyel

000574909-copie-1.jpgJ’adore Musset. Je l’ai réellement découvert que fin 2010 et depuis, mon amour est monté crescendo pour cet auteur. Le XIXème siècle, je l’ai toujours apprécié, à différentes mesures cependant, mais avec lui, c’est juste l’amour fou. Je suis amoureuse de tout ce qu’il fait, même si jusqu’à ce jour, je ne connaissais que ces œuvres théâtrales. Du moins, jusqu’à il y a quelques jours. J’ai terminé La Confession d’un enfant du siècle pendant la semaine. Mais je vais vous en parler tout de suite.

Résumé : Tout commence par une trahison amoureuse. Octave, trompé par sa maîtresse, se jette à coeur perdu dans les bras de la débauche. Mais quand à nouveau survient le véritable amour, la passion a le goût amer de la jalousie : pour Octave, marqué au fer rouge de la désillusion, aimer, c'est souffrir, et surtout faire souffrir.

Musset, ce bon Musset. Comme je le disais plus haut, j’ai surtout dévoré ces pièces de théâtre, Lorenzaccio dominant tout dans mon cœur. Mais cet article ne concerne pas mon cher Lorenzo. Bref, ici, je vais vous parler de son œuvre majeure qu’est La Confession d’un enfant du siècle, à la fois œuvre de fiction et roman semi-autobiographique si je ne me trompe pas.
Au départ, j’ai eu du mal à m’avancer dans le texte. J’avais lu la première partie en plusieurs semaines, n’arrivant pas à entrer vraiment dans l’univers et puis, il y a deux semaines, j’ai repris ma lecture pour ne plus jamais la lâcher jusqu’à la fin. L’histoire d’Octave est passionnante, excessivement pessimiste mais passionnante. Je pense que l’intérêt du roman pour un simple lecteur (comme moi) débute réellement à la seconde partie, parce qu’à ce moment là, impossible de décrocher du livre, et l’écriture excessivement lyrique n’y est pas pour rien. Les pensées, les interrogations d’Octave, elles sont à la fois terribles et à la fois peintes via une plume à laquelle je voue un culte sans limite. L’écriture de Musset dépasse tout à mes yeux, c’est une écriture qui me parle, qui me touche, pour rester dans l’absolue subjectivité ici.
Je voudrais dire des choses plus intelligentes (notamment relier La Confession à Lorenzaccio (entre autre)) mais je vais me contenter de rester dans mes sentiments et ne pas partir dans la réflexion (sinon, je vais écrire 100 pages).


Bref, ce roman, ce chef-d’œuvre est passionnant et il le devient d’autant plus à partir de la troisième partie et de l’arrivée de Brigitte. Et c’est là que la personnalité d’Octave se dessine concrètement. Il me semble que leur histoire passionnelle reprend plus ou moins des éléments de vie de Musset lorsqu’il était avec George Sand et je dois dire que toute sa complexité amoureuse est apparente dans le roman. La jalousie, l’orgueil, tout ce qui détruit le plus bel amour du monde vient ici nuire aux deux personnages. Je sais, je spoile un peu en disant cela, mais ça ne retire rien au plaisir de la lecture. Révéler l’intrigue du roman ne nuit pas à cela. Impossible. D’autant plus que tout dire n’est pas possible non plus.
Je pense que La Confession est le genre de livre qu’il faut relire plusieurs fois pour vraiment découvrir toutes les manières d’interpréter le texte. On a à la fois une histoire d’amour, mais aussi une grande part de « je » n’appartenant qu’à Musset, ou encore une immense réflexion sur la complexité de la jeunesse des années 1830, sur le romantisme pour le dire avec de grands mots.
En somme, il s’agit sans doute là du roman le plus puissant qui m’est été donné de découvrir. Je ne regrette pas ma lecture et je sais que j’en referai une plus tard, juste pour être sûre de ne pas être passée à côté de quoi que ce soit. Parce qu’évidement, avec la lecture que je viens de faire, je n’ai pas tout vu, des éléments sont forcément restés obscures pour moi, même si je ne m’en rends pas encore compte.
Quoiqu’il en soit, Octave est terrible. On l’aime et on le déteste en même temps. Il joue sans cesse avec le feu de sa passion et de la passion des autres. C’est un personnage brisé et qui, quelque part, ne cherchera jamais à guérir vraiment ses blessures.

A notre époque, je pense que beaucoup de lecteurs diraient que c’est un peu lourd. Octave se lamente sans arrêt, et ça ne va qu’en grandissant jusqu’aux dernières pages, du coup, ça peut sembler difficile lorsqu'on découvre pour la première fois le roman. Et les derniers chapitres sont impressionnants avec cela. Mais moi, personnellement, le chapitre que j’admire le plus, c’est celui qui est à la fin de la troisième partie. Ce qui est décrit, les termes qui sont employés, la richesse de la langue, sa musicalité ainsi que sa profondeur, et bien, ça m’a subjugué, je suis morte mille fois en lisant ces mots. J’aurais aimé être Musset. Vraiment.


Je n’en dirai pas plus sur cette œuvre, il y a énormément de choses à prendre en compte, que ce soit sur les thèmes récurrents de Musset (le spectre, par exemple, que l’on retrouve aussi dans Lorenzaccio), mais aussi la religion, les années 1830 et donc, le désenchantement, tout comme sa relation avec Sand, l’histoire pure et dure que l’on retrouve dans La Confession… etc. Bref, La Confession d’un enfant du siècle nous offre des milliers d’ouvertures possibles et une richesse incroyable pour celui qui aime lire, mais qui aime d’autant plus écrire.
Je suis fan pour le dire dans des mots simples.

Voir aussi :

On ne badine pas avec l'amour ;

 

(tout compte fait, mon article est très long XD)

Publié dans Littérature classique

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René Van Boyg 17/04/2012 17:12


Les confessions amoureuses de Musset : http://tranchantsurlordinaire.hautetfort.com/archive/2012/04/13/le-journal-de-musset-le-bon-la-brute-et-le-truand.html

ariane charton 12/04/2012 18:12


J'espère que la lecture de ma biographie vous éclairera. Il y a de très belles choses aussi dans sa poésie. Pour André del Sarto, vous pouvez trouver la pièce avec Lorenzaccio, je vous mets ici
un lien : http://www.amazon.fr/Lorenzaccio-suivi-Andr%C3%A9-del-Sarto/dp/2070370267/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1334246914&sr=8-1


Je vous souhaite encore de belles lectures, de belles découvertes dans l'oeuvre de Musset qui mérite d'être mieux lue, plus lue.

A. Charton 01/04/2012 16:40


votre enthousiasme pour Musset fait plaisir. La première partie de la Confession rebute souvent : c'est une réflexion sur le mal du siècle qui souffre par moment d'un excès de lyrisme. Musset a
abordé le même thème dans d'autres textes avec plus de légèreté et d'esprit. Si vous n'avez pas lu Fantasio et André del Sarto, je vous conseille ces deux pièces trop peu connues, surtout la
seconde.

Grazyel 11/04/2012 19:43



Merci beaucoup pour votre commentaire !


Je suis pas passée sur votre site et j'ai vu que vous aviez publié une biographie d'Alfred de Musset, j'espère pouvoir me la procurer prochainement parce que cela m'intéresse vraiment ! (donc
j'espère pouvoir la trouver en librairie, sinon, Amazon sera mon ami). J'admire Musset et actuellement, j'avoue ressentir le besoin de me documenter le plus sur lui. Les cours ne me suffisent
plus, surtout qu'on travaille sur Lorenzaccio en même temps que sur Alcools d'Apollinaire et Les Voyageurs de l'impériale d'Aragon, donc ça ne laisse pas beaucoup de place à Musset... Il est
tellement un ovni dans son siècle, il est singulier et puis quelque chose m'attire sincèrement dans tout ce qu'il a fait. Il n'y a que sa poèsie que je n'ai pas encore osé vraiment aborder. Mais
ça, c'est parce que je ne suis pas très sensible à la poèsie pour l'instant.


Je me souviens avoir lu Fantasio il y a plus d'un an, mais aujourd'hui, je ne m'en souviens plus vraiment. Je pense que je relirai cette pièce prochainement. Quant à André del Sarto, je ne l'ai
pas encore trouvé en librairie...


Bref, merci pour votre visite et désolée de faire une réponse si tardive et longue.